Congregation des Petites Filles de Saint-Joseph Congregation des Petites Filles de Saint-Joseph
  Historique

Rose de Lima Dauth, fondatrice

Monsieur Antoine Mercier, p.s.s., co-fondateur

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Historique

La Congrégation des Petites Filles de Saint-Joseph doit son existence au généreux dévouement de Mademoiselle Rose de Lima Dauth admirablement secondée par le zèle sacerdotal de Monsieur Antoine Mercier, p.s.s., son conseiller spirituel.

"Rose-de-Lima Dauth, fondatrice d'une communauté à vie active, était d'abord et avant tout une contemplative." Monsieur Yvon Charron, p.s.s.

Rose de Lima Dauth - fondatrice

C'est à Sainte-Madeleine de Rigaud que Rose de Lima Dauth voit le jour dans une famille profondément chrétienne. Cette âme prédestinée avait pour père Théophile Balthasar Dauth ; sa mère se nommait Jeanne de Chantal Faubert. L'appui paternel lui manque dès sa plus tendre enfance, car elle devient orpheline vers l'âge de sept ans; mais le Seigneur lui laisse la précieuse affection maternelle jusqu'en 1878, six ans avant qu'elle-même prit son essor vers le ciel.

Rose de Lima Dauth

Ses ancêtres étaient d'origine française et habitaient l'Alsace. Trois frères portaient les noms des trois rois Mages: Gaspard, Melchior et Balthasar. Ils émigrèrent au Canada vers 1784. Notre héroïne appartient à la lignée des Balthasar et elle est la quatrième fleur éclose au jardin familial. Elle possède trois frères: Théophile et Charles, les deux aînés de la famille; et Pierre, le cadet; une soeur Angèle la précédait immédiatement.

Son enfance nous est à peu près inconnue; cependant quelques notes révèlent qu'elle s'est distinguée dans son jeune âge par une conduite exemplaire et un grand amour du travail.

Parvenue au printemps de la vie, Rose de Lima s'établit à Montréal à l'ombre des tours de Notre-Dame, dans le but d'y apprendre à coudre. Dès son arrivée dans cette ville, elle se hâte de se placer sous la protection de la sainte Vierge, en se consacrant à Elle dans la Congrégation des Enfants de Marie dont Monsieur Antoine Mercier, prêtre de Saint-Sulpice, est le directeur. Elle s'abandonne à la sagesse de ses conseils. Âme simple et ouverte, elle lui dévoile avec une confiance toute filiale, les secrètes aspirations de son coeur et l'ardent et intime désir de se livrer tout entière à notre Seigneur pour le servir dans la personne de ses prêtres et de ceux qui se préparent à le devenir. Pour leur sanctification, disait-elle, tout serait offert: prières, travail, vie d'abnégation. Puis, avec l'aide de quelques compagnes, elle pourrait se charger de l'entretien du linge d'un certain nombre de séminaristes.

Ému, le digne Sulpicien croit voir dans ces confidences l'indication certaine des vues de la Providence; il a su apprécier à sa juste valeur un si noble et si saint idéal; il accorde donc à Mademoiselle Dauth l'encouragement bienveillant à ce pieux projet qui correspond parfaitement à l'inspiration qu'il avait eue lui-même. Mademoiselle Dauth s'empresse alors de s'adjoindre quelques compagnes courageuses et ferventes pour mettre à exécution son généreux dessein. Elle réussit à intéresser deux jeunes filles à sa cause. De concert avec sa pénitente, Monsieur Mercier, muni de l'autorisation de son supérieur, procède à l'élaboration de l'Oeuvre qui lui était chère. Et l'évêque du diocèse, Monseigneur Bourget, donne également son approbation. On se prépare à l'offrande dans la prière et la ferveur.

C'est le 26 avril 1857, en la fête du Patronage de saint Joseph que Monsieur Mercier, accompagné de Mademoiselle Dauth et ses deux compagnes, se rend à la chapelle des Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame. Au pied de la statue miraculeuse de Notre-Dame-de-Pitié, il consacre ses premières filles, et celles-ci se donnent à notre Seigneur et promettent de vouer leur vie entière au soutien des aspirants au sacerdoce et à la sanctification des ministres de l'autel. Ainsi se dessine la fondation de la première communauté canadienne de religieuses vouées au service de l'Église et du Sacerdoce. Rose de Lima Dauth en est la première directrice, sous le nom de Mère Julie.

Un rôle sublime est attribué à cette nouvelle congrégation. Aimer l'Église, prier pour elle et spécialement pour le Saint-Père, se dévouer et se sacrifier pour les ministres du Seigneur et les aspirants au sacerdoce, dans le cadre de la vie consacrée, sous le patronage de saint Joseph et pour la gloire de Jésus, Souverain Prêtre.

Comme cette oeuvre lui plaisait, le Seigneur ne tarde pas à lui imposer le sceau de l'épreuve.

La cérémonie est à peine terminée qu'une compagne recule devant la vie de renoncement qui s'ouvre à elle. Elle préfère retourner chez les Soeurs Grises d'où elle était venue. Trois semaines plus tard, la deuxième compagne trouvant trop rude la tâche qu'elle a embrassée, manque de courage et abandonne la poursuite de sa généreuse offrande, laissant Mère Julie, seule au pied de la croix. Celle-ci, pétrie de générosité et de dévouement, continue sa donation dans la solitude et l'espérance, marquée du charisme des fondateurs. Elle ne se doutait pas alors du long calvaire qu'elle allait gravir durant seize ans. Seule! Déjà, elle a épousé la croix.

Mais saint Joseph veille. En effet, des fleurs poussent au pied de la croix; en moins de cinq mois, quatre nouvelles aspirantes viennent bientôt partager le sort de Mère Julie; elles y sont demeurées fidèles. Elles deviennent avec elle, les dignes " pionnières " de la Communauté. Une joie profonde et surnaturelle envahit l'âme de la fondatrice. Enfin, son souhait le plus ardent est réalisé. Monsieur Mercier se réjouit beaucoup, mais une nouvelle obédience l'oblige à être remplacé par un confrère sulpicien, Monsieur Damien Tambareau. Cependant, Monsieur Mercier continue toujours à s'intéresser à l'Oeuvre, et Monsieur Tambareau le consultera sans cesse.

Depuis les débuts, Mère Julie dirige la Communauté avec sollicitude et dévouement. Elle se révèle vertueuse, de vie profondément intérieure, et toute dévouée pour les prêtres et les séminaristes. Assez tôt cependant, on s'aperçoit qu'elle n'a pas les aptitudes requises pour gouverner. Quelques mois plus tard, elle est démise de sa fonction de directrice. Elle accepte avec esprit de foi et d'obéissance voyant la volonté de Dieu dans cette décision. Elle s'efface humblement dans le silence et l'obscurité. Avec une parfaite soumission, elle se dévouera au blanchissage et au repassage du linge des séminaristes; et quand sa santé ne lui permettra plus de se livrer à ce genre de travail, elle sera occupée à la réparation ou à la confection des habits ecclésiastiques, tâches qu'elle accomplira toujours avec bonheur.

Au témoignage des soeurs qui l'ont connue, elle se distinguait surtout par une estime et un amour peu ordinaire pour le Clergé. Aussi, le sujet de ses entretiens durant les récréations portait spécialement sur la sainte Eglise. Elle aimait se placer au milieu des plus jeunes soeurs et à leur parler du Saint-Père et de tous les prêtres, les exhortant à prier constamment pour eux. Ce qu'elle suggérait ainsi aux autres, elle le pratiquait fidèlement elle-même; les premières Mères sont unanimes à dire qu'elle priait continuellement; on la sentait toujours absorbée en de saintes méditations. Chaque heure de sa journée comportait une intention spéciale, soit pour le Saint-Père, soit pour les évêques, les prêtres, les séminaristes. Ce qui domine en elle, c'est son grand esprit de résignation et de charité. Car, on la voit toujours n'opposer qu'un paisible silence aux nombreuses et injustes persécutions qu'elle eut à subir de la part d'une compagne qui l'épiait sans cesse, cherchant matière à la juger défavorablement et à la faire déprécier par les supérieures et les soeurs.

Outre ces accablantes persécutions, elle voit avec douleur se multiplier, à son sujet, de plus pénibles difficultés; elle devient une source de dissensions dans la Communauté; les unes lui accordent une profonde estime et vénération, les autres redoublent leurs procédés malveillants à son égard. A toutes les invectives, l'humble et vertueuse Mère ne répond que par un édifiant silence. Quant à Monsieur Tambareau, voyant la tournure inquiétante que prennent les événements, et prévoyant les effets regrettables qui pouvaient en résulter, il consulte Monsieur Mercier; et ils jugent tous les deux qu'il est mieux pour elle et la Communauté de l'éloigner pour un temps indéterminé afin de calmer les esprits. Monsieur Tambareau négocie discrètement sa place comme séculière dans un couvent d'Ottawa. C'était le 22 mars 1873.

Toujours humble et soumise, paisiblement, Mère Julie quitte l'Institut qu'elle avait fondé et auquel elle avait consacré seize années de sacrifices et de dévouement. Elle réalise que Dieu seul est Maître; elle se fait docile instrument entre ses Mains.

Dès le lendemain de son départ, elle écrit à Soeur Directrice. Cette lettre nous révèle très bien les sentiments de son coeur; elle s'exprime ainsi: " C'est une tâche bien grande pour moi de vous écrire aussitôt, car j'ai encore le coeur trop sensible en pensant que je suis si éloignée de vous autres et de tous les Pères ". " Ah! le coeur me saigne encore, mais la sainte obéissance et les devoirs de la reconnaissance m'en font un devoir indispensable, et j'ai bien des pardons à vous demander, à nos Pères pour tout le trouble que je leur ai causé, mais encore la sainte obéissance me donne de la force et du courage pour accomplir cette grande tâche". Plus loin, elle ajoute: " Je désire avoir de vos nouvelles quoi que je vous aie emportées toutes dans mon coeur ". Et avant la signature, elle se désigne: " Je suis votre petite bonne à rien ". On trouve dans l'âme de Mère Julie une charité profonde qui s'exprime sans détour et même avec adresse à ceux et celles qui l'ont écartée; une charité aussi doublée d'humilité, qui pleure, s'accuse et demande pardon sans laisser place à aucune amertume comme sans plaider la moindre circonstance atténuante.

En acceptant avec foi cette lourde croix, éloignée qu'elle était, ne ressentit-t-elle pas plus fortement encore le désir du salut des prêtres et de leur sanctification? La vocation que Jésus lui avait donnée, elle ne l'avait pas perdue; elle ne voyait que Jésus dans cette épreuve.

Après quelques années passées dans ce couvent, elle sollicite son admission chez les Soeurs du Bon Pasteur de la même ville d'Ottawa. Son constant désir de disparaître, de s'effacer lui a fait choisir de préférence l'humble classe des Madeleines.

Où donc cette âme virile puise-t-elle ce courage invincible? Mère Julie ayant entrevu le bien qui en résulterait pour le Clergé, se sentit poussée intérieurement à se vouer à l'acceptation de toutes les croix, si lourdes soient-elles pour assurer la persévérance de l'Oeuvre. Et comme l'âme de Mère Julie est de celles qui ne se reprennent jamais dans leurs sacrifices, on la voit constamment accepter les croix les plus accablantes pour ne les déposer qu'au seuil du paradis. Sa vie ne fut qu'un long calvaire qu'elle a su gravir à la façon des grandes âmes, en conservant un calme serein et paisible.

Durant les années écoulées dans cet asile béni, elle était d'une édification parfaite. Toujours contente de tout et de toutes, elle était sans cesse perdue en d'intimes colloques avec Jésus et son cher saint Joseph.

En 1884, son état de santé semble s'aggraver; elle suit cependant les exercices de la retraite préparatoire à la fête de sainte Madeleine. Pressentant qu'elle ne tarderait pas à entendre le suprême appel de Dieu, elle se prépare à la mort avec le plus grand soin. C'est avec beaucoup de difficultés qu'elle parvient à se rendre à la grille où, avec une ferveur angélique, elle renouvelle sa consécration pour cinq ans.

Mère Julie allait enfin recevoir la récompense de son inlassable dévouement à la gloire du Maître.

Toutefois, ce n'est que le 25 août qu'elle rend paisiblement sa belle âme à Dieu, après avoir eu le bonheur de la présence du Prêtre et de sa précieuse assistance à ses derniers moments.

Hommage de gratitude à notre bien-aimée Fondatrice!


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